Le Oai Star de retour au Portail Coucou

Les places pour le concert de Oai Star sont dispo sur digitick à prix d’ami et beau cadeau ce sera gratis pour les adhérents du Portail Coucou!

Liberté, égalité, fraternité.
La France est dans un état de nerfs si avancé qu’il faut qu’un duo de trublions lui rappelle l’essentiel. «Foule Color», sixième album du Oai Star, porte son nom comme un étendard. Un hymne à «la France qui se mélange», un hymne à un pays en mouvement. Un chant combatif et pacifique – apaisant paradoxe – sur une société meurtrie et prête à écouter n’importe quel bateleur politique en oubliant même ses fondements.
Ecrit entre l’automne 2015 et l’été 2016, « Foule Color » a pris, comme tous les Français, les attentats de plein fouet. Mais, au lieu de traduire cela en «plus de sécurité»,
Gari Greu et Dadoo prônent le « plus d’amour », le «plus de solidarité ».
Le Marseillais, au nom profondément révolutionnaire – Laurent Garibaldi. Le Toulousain, qui brassait déjà les thèmes d’identité française avec son groupe KDD, parlent le même langage :«faire danser, donner du plaisir, rassembler par la musique».
Du Oaï Star originel, il reste Gari, Kayalik, le DJ « three fingers », et l’esprit. Créé en 2000 par Lux Botté et Gari, manieurs de micros du Massilia sound system, le groupe s’est toujours moqué des codes. Oaï, en marseillais, c’est le bordel, l’incontrôlé. Une attitude punk, méridionale… Et fière de l’être.
« Le OaI star, c’est le triangle des Bermudes, définit Gari. Musicalement, tout peut arriver ». Tout mais pas n’importe quoi. Lux est décédé en 2008, laissant un vide immense et le souvenir d’énormes parties de rigolade, mais le fil directeur reste le même. «Faire bouléguer les gens», traduit Gari. Soit danser, s’amuser, fusionner en accueillant tout ce que la musique peut avoir de festif… Rock foutraque, ragga dancehall, électro hip hop : rien n’est interdit.
Après une collaboration longue et fructueuse avec Dubmood, Suédois dompteur de sons numériques, le OaI Star retrouve l’équilibre initial en intégrant Dadoo Daniel, l’ex-leader du groupe rap toulousain KDD.
. «L’idée originelle du groupe, c’est deux MC qui viennent du punk et s’emparent du hip hop, explique Gari. Avec Dadoo, on retrouve cette couleur, cette complicité au micro». Les deux artistes se connaissent depuis la fin du siècle dernier et l’effervescence ragga-rap du sud de la France. En 2014, ils se retrouvent pour le spectacle « Yes Papa ! » de l’agence Tartare, happening politico-musical chaleureux. Depuis, ils ne se quittent plus. Dadoo, né à Marseille il y a quatre décennies, marque les quatorze titres de « Foule Color » de sa voix et de son empreinte musicale. Sur les bases de Kayalik, il participe pleinement aux compositions : « Je joue de la guitare comme un rapper prendrait une platine, confirme-t-il. Avec, je crée des samples, je pose des extraits ».
«Ding Dang Dong», reprend le carnaval caraïbes, qui animait le «Gare au Jaguarr» de Joey Starr, coproduit par Dadoo. «Commence à tourner», qui ouvre l’album, constitue un «Je danse le Mia» made in Toulouse où les deux quadras revisitent, façon sketch, la dérive de boîte de nuit. «Lucie et Michèle», lui, est un titre ovni, une ballade douce qui évoque les doutes d’une teenager face à ses choix sexuels. Plus que du punk, du hip hop ou du ragga, Dadoo voit «Foule Color» comme «de la chanson française, avec ce qu’elle a digéré les 20 dernières années».
Dans ce nouvel album, Oai Star défend nos derniers espaces de liberté. Derrière sa ritournelle techno, «Supporters» dénonce la chasse à la culture Ultra, bannie «à Paris, Sainté, Marseille» par des gouvernants qui ne comprennent rien au stade, «cet endroit laïc, qui rassemble les gens et défend les valeurs». «La Pêche aux cabossés», ragga chaloupé au refrain entêtant susurré par la voix rocailleuse de Gari, résume tout : «On part à la pêche aux cabossés. Remonter tous les effacés. Microphone et fraternité ».
Un credo simple pour de l’humanité en marche.


VENDREDI 27 JANVIER 21H